« Coup de théâtre », titrait le journal local au lendemain du second tour de l'élection municipale de Saint-Estève. Un coup de théâtre est un évènement inattendu. Ça l’était dans l’optique de l’Indép qui dans ses éditions de l’entre deux tours présentait Elie Puigmal comme favori. Il sautait pourtant aux yeux que la triangulaire risquait d’être fatale au maire sortant. Il faisait 39,78% des voix mais n’avait aucune réserve. En face, les listes Vila R, Vila JJ et Palma qui avaient fait campagne contre Elie Puigmal, totalisaient 47,64%. Le socialiste ne pouvait donc compter que sur un mauvais report des voix sur son principal concurrent. Quand à l’électorat de la liste Panis (Europe Ecologie) qui se maintenait au second tour, il était assez évident qu’il était majoritairement composé d’électeurs de gauche qui ne voulaient plus du maire sortant. Puigmal n’était donc pas le favori des électeurs. Il n’était que celui de l’Indép.
Le même quotidien (hélas il n’y en a qu’un) n’a cessé d’accoler l’étiquette "UMP" a Robert Vila qui conduisait une liste sans étiquette. Ce dernier a pourtant été parfaitement clair. Il a expliqué dans un courrier aux électeurs qu’il ne faisait pas une liste UMP (les adhérents de l’UMP y étaient d’ailleurs minoritaires : 4 sur 33). Par contre notre quotidien a oublié de d’écrire qu’Elie Puigmal faisait une campagne sans étiquette. Pas une fois il n’a mis le logo du PS ou fait référence à un parti politique alors qu’il dirigeait une liste majoritairement composée d’encartés. De son côté, Robert Vila jouait franc jeu avec les électeurs en leur expliquant même qu’il était membre du comité départemental de l’UMP.
Nous ne reviendrons pas sur la scandaleuse campagne publicitaire de la ville. Ça avait des airs de République bananière. On bafoue la loi en toute tranquillité aux yeux de tous.
Déjà, le traitement de l’affaire Boitaclous nous avait donné l’impression que l’on voulait en dire le moins possible sur l’affaire du marché probablement arrangé entre la mairie et l’organisateur de spectacles. Pas un seul article pour expliquer le fond de l’affaire ! Uniquement des interviews. Comment le lecteur pouvait-il s’y retrouver entre l’avis du président de Boitaclous un jour, celui d’Elie Puigmal un autre jour et plus tard celui des élus de l’opposition ?
Le boulot du journaliste consiste à rassembler les faits, à les vérifier, à les éclairer pour offrir une bonne information au lecteur. Mais ce n’est pas le professionnalisme qui fait le plus défaut. Quand l’affaire se déroule dans une collectivité territoriale de droite, il y a toujours pléthore d’informations et le plus souvent un traitement à charge… : Affaire de la fraude électorale de Perpignan, affaires Rède, Ferrand, Bouille. Et traitement à décharge et à minima pour la gauche. L’affaire Aylagas a discrètement été traitée en pages locales alors que la PJ enquête (la mairie d’Argelès a acheté 182 euros le m2, un terrain de 4 200 m2 évalué de 50 à 60 euros le m2 par les domaines. Montant de la transaction 763 000 euros). Ce n’est pas une petite affaire. Et les affaires de Bourquin… idem.
L’Indép suit de toute évidence une ligne politique. Elle n’est d’ailleurs pas cachée. Il suffit de lire les éditoriaux de Christian Bachelier et de Pierre Mathis. Comme leur prédécesseur Bernard Revel, ils n’ont qu’une seule et unique cible, Sarkozy et l’UMP. Une ligne politique qui est conforme à l'attente des principaux annonceurs du groupe Midi-Libre, le conseil général et ses satellites, le conseil régional.



